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Mille ans de litterature vietnamienne

 
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Albert



Joined: 01 Sep 2006
Posts: 18
Location: Taillan Médoc

PostPosted: 06 Dec 2008, 01:29    Post subject: Mille ans de litterature vietnamienne Reply with quote

Bonsoir la compagnie !
Je n'aime pas beaucoup venir sur ce forum, excusez moi Marie Thérèse ainsi que les membres mais à chaque fois, je pense trop à Raymond. J'aurais bien voulu le connaître un peu plus longtemps et surtout pouvoir lui parler de vive voix.. Nous avions tous les deux les mêmes envies de connaître toujours plus profondément l'histoire de notre pays natal que nous avions négligé pendant toutes ces années d'activité avant la retraite. Je connais Raymond que par courriel et quelques coups de fils mais je suis sûr que ce que je vais vous dire maintenant, l'aurait intéressé.

En surfant le web pour chercher une anthologie vietnamienne, je suis tombé sur un trésor, du moins pour moi. Ce petit trésor c'est "Mille ans de littérature vietnamienne traduit en français. Je l'ai reçu ce matin j'ai feuilleté ces 600 pages, il me semble très intéressant.
Je conseillerais pour ceux qui aiment la littérature vietnamienne de l'acquérir. C'est une réédition, le livre ne coûte que 13 € environ avec le port y compris, à la Librairie Itinéraire. On peut sûrement le trouver ailleurs.
Vous trouverez à peu près tous les grands de la littérature vietnamienne des temps anciens avec quelques extraits de leurs œuvres. Il est impossible de faire le résumé d'un livre qui fait 600 pages.
J'aurais bien aimé trouver en plusieurs tomes, plus complet car ce livre vous donne que des courts extraits et vous laisse à votre faim, vous auriez aimé connaître plus. Il faut reconnaître tout de même que les co-auteurs ont fait un très beau travail. J'ai retrouvé la poetesse rebelle HO XUAN HUONG du XVIII siècle ainsi HAN MAC TU qui est décédé en 1940 à la léproserie de QUY HOA à l'âge de 28 ans. J'ai trouvé un vidéo de cette léproserie mais je ne sais pas si je pouvais le mettre sur mon blog. Je vais voir si c'est diffusé sur Youtube et je vous le ferai savoir.
Il se fait tard et mes yeux sont fatigués. Cordialement. Albert
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On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas : “Souris au monde et le monde te sourira.” Soeur Emmanuelle
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Marylène
Site Admin


Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 06 Dec 2008, 14:49    Post subject: Reply with quote

bonjour Albert,

je vous comprends. Raymond me manque aussi beaucoup, sur ce forum mais dans la vraie vie aussi, puisque j'ai eu la chance que mes parents et lui soient amis.

c'était un monsieur très curieux de tout, avec une formidable volonté d'apprendre, sur plein de sujets différents. je le sais d'autant mieux que j'ai aussi eu la chance "d'hériter" d'une partie de ses livres. j'ai laissé le "côté Asie" pour celles et ceux qui en avaient besoin plus que moi, mais grâce à Raymond, du coup j'ai pu découvrir tout Shakespeare par exemple. il y a aussi ses livres sur les civilisations antiques qui m'attendent, ainsi qu'une intégrale d'Alfred de Musset et des Lagarde et Michard, qu'il me tarde d'ouvrir. et ceci n'était bien sûr, qu'une petite partie de tous les sujets qui l'ont intéressé !

à chaque fois que j'ouvre un des ses livres, c'est l'occasion pour moi de me souvenir de cet adorable monsieur, toujours si ouvert, si gentil, et si disponible aux autres, et de lui dire merci.

il reste avec nous !

à part ça, l'ouvrage dont vous nous parlez m'intéresse beaucoup beaucoup... Maman, si tu ne savais pas quoi m'offrir pour Noël, c'est une bonne piste Arrow
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Marie Therese



Joined: 25 Mar 2006
Posts: 458

PostPosted: 10 Dec 2008, 00:12    Post subject: Marylène Reply with quote

Maman va écrire à Papa Noël !
Arrow

Pour être plus sérieuse, Albert, il faut continuer à visiter le forum, Raymond se sentait très proche de vous et appréciait beaucoup vos échanges de courrier.
Pour ma part, je peux dire que je ne connais pas le Vietnam, et tout ce que vous pouvez écrire, me passionne.
J'espère que vous continuerez à écrire vos souvenirs.
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Marylène
Site Admin


Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 13 May 2009, 22:05    Post subject: Reply with quote

textes extraits de "Mille ans de littérature vietnamienne, une anthologie"

*-*

KHÔNG LỘ (? - 1119)

Douce oisiveté du vieux pêcheur (Ngủ nhàn)

Sur mille lieues, le fleuve limpide, sur mille lieues, le ciel d'azur,
Une fumée flotte sur les mûriers d'un hameau solitaire.
Le vieux pêcheur que nul ne trouble reste plongé dans le sommeil.
Quand il s'éveille, l'après-midi, sa barque est couverte de neige.

*-*


TRẦN THÁNH TÔNG (1240 - 1290)

Paysage d'été (Hạ cảnh)

Sous la longue lueur du jour, belle est la véranda fleurie.
A la fenêtre du nord, le vent parfumé de lotus apporte la fraîcheur.
Après la pluie, le jardin a vêtu son manteau d'émeraude.
Seul un chant de cigale trouble le crépuscule.

*-*

TRẦN QUANG KHẢI (1241 - 1294)

Impressions de printemps (Xuân nhật hữu cảm)

La lune pâlit, la nuit se défait,
Un coup de vent venu de l'est apporte un froid rare au printemps.
Les fleurs des saules pleureurs en voltigeant vont se coller au pavillon.
Les bambous d'ivoire frappant au balcon troublent mon rêve.
La douceur de la pluie rafraîchit la nature.
Cependant que, le coeur serré, on voit sur son visage se faner la jeunesse.
On se verse trois verres d'alcool pour chasser la tristesse,
Et, frappant son épée, on évoque la nosalgie des montagnes de jadis.

*-*

TRẦN NHÂN TÔNG (1258 - 1308)

Matin de printemps (Xuân hiểu)

A mon réveil, j'ouvre ma fenêtre,
Je ne peux vraiment douter de la venue du printemps.
Un couple de papillons blancs
Battant des ailes, voltigent sur les fleurs.

*-*

j'aime beaucoup Arrow
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Marylène
Site Admin


Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 19 May 2009, 22:37    Post subject: Reply with quote

j'ai essayé de rajouter les accents comme il faut, mais je ne suis pas sûre du tout d'avoir tout bon ! Mad
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Marylène
Site Admin


Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 19 May 2009, 23:09    Post subject: Reply with quote

HUYỀN QUANG (1254 - 1334)

Maison dans la montagne (Sơn vũ)

La nuit est avancée, le vent d'automne souffle sur la véranda,
La maison se blottit dans les lianes vertes,
Depuis longtemps, mon coeur s'éclaire à la lumière du Thien.
Pour qui le grillon lance-t-il ses tristes plaintes ?

Thien : méditation

*-*

MẠC ĐINH CHĨ (? - 1346)

Crépuscule (Vãn cảnh)

Dans le ciel bleu traîne une fumée blanche,
L'eau verte de printemps se plisse en mille rides.
Les corbeaux, rasant les murs, croassent au soleil couchant,
L'hirondelle des champs accompagne un nuage.
Les barques de pêcheurs s'allument dans la baie,
Sur l'autre bord résonne un chant de bûcheron.
Le voyageur au visage empreint de tristesse
Demande à l'alcool l'oubli.

*-*

NGUYỄN SỦỞNG (XIV) siècle)

Voyage sur le fleuve (Giang hành)

Les rives se meuvent, les arbres courent, inclinés,
L'image renversée des fleurs se reflète aux eaux profondes du ruisseau.
Des ailes d'oiseaux égarés disparaissent dans les nuages du couchant,
A travers la pluie printanière, une voile glisse vers nous.

*-*

TRẦN MINH TỐNG (1300 - 1357)

Pluie nocturne (Dạ vũ)

Les brumes automnales et la lampe rendent l'aube plus pâle encore.
Sur les feuilles des bananiers tintent les gouttes, tout près de ma fenêtre, marquant la fin des veilles.
Depuis trente ans, combien d'erreurs commises !
Comment peut-on se résigner à cette tristesse inutile en écoutant tomber la pluie ?

*-*

CHU VĂN AN (? - 1370)

Matinée de printemps (Xuân đán)

Dans la chaumière de montagne, on se sent libre tout le jour,
La claie de bambou inclinée protège de l'air froid.
L'herbe verdoie et le ciel est comme ivre,
Les gouttes de rosée s'attardent sur les fleurs vermeilles.
L'homme et le nuage solitaire s'attachent à la montagne,
L'âme comme l'eau du vieux puits, n'est troublée par aucune ride.
Le bois de pin odorant se consume et la théière s'arrête de bouillir,
Un murmure d'oiseau échappé du ravin m'arrache doucement au sommeil printanier.

*-*
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PiqKim



Joined: 20 Apr 2006
Posts: 239

PostPosted: 20 May 2009, 23:14    Post subject: Reply with quote

A moi aussi il me manque beaucoup !
C'est qu'il est très cultivé, tout l'interresse,
C'est un grand mélomane , il connait bien la musique classique, le jazz,...la musique chinoise,la musique indienne, la musique vietnamienne , les derniers chanteurs vietnamiens à la mode.

Aussi il a la main verte , son balcon est un magnifique jardin verdoyant, il n'y a pas de secret pour lui sur la culture des bonzais.

C'est un grand lecteur et il aime beaucoup le grand poète Rabindranath Tagore mais il ne dédaigne pas les livres de sciences de fictions.

Il aime se mettre à la portée de tout le monde et de parler avec aisance tous les sujets interressants.
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Marylène
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Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 26 May 2009, 19:56    Post subject: Reply with quote

décidément j'aime beaucoup ce livre ! c'est l'histoire du Vietnam que je découvre à travers les superbes poèmes que je lis.

certains auteurs sentaient déjà venir la puissance étrangère et ses envies de mainmise sur le pays, mais ça ne se sent pas encore dans les textes que voici :

TRỊNH HOÀI ĐỨC (1765 – 1825)

La vie à Long Tịch (Long Tịch thôn cư tạp vịnh)

I

Des écoliers cheminent dans le brouillard, sur l’arche d’un pont,
Un vieux pêcheur s’enfonçant dans la brume fredonne un air près de la berge.
Une jeunefemme, paysanne laborieuse,
Devant la cour, attend la lune pour trier le coton.

II

L’endroit jouxte les marchés du nord et du sud, bien achalandés à l’aube comme au couchant,
Le portail accueille les sampans allant et venant, au matin comme au soir.
Tard dans la nuit, le vent frappe à la fenêtre fleurie,
La voix du lecteur se mêle au murmure des eaux.

*-*

NGÔ NHÂN TĨNH ( ? – 1813)

Printemps (Thuyết tình ái : Xuân)

J’aime au printemps me réveiller sous ma chaumière…
En silence contempler les monts et les eaux déroulant leurs broderies
Face aux fleurs, je ne refuse point le verre qu’on m’offre,
Effrayé d’entendre le loriot annoncer qu’une année a passé !

*-*

NGUYỄN CÔNG TRỨ (1778 – 1858)

Le pin (Cây thông)

En mon ennui, je m’en prends à Monsieur l’Azur
Pourquoi donc gait j’ai envie de pleurer, et pourquoi désolé je ris ?
Pour une autre existence, je ne veux plus naître homme,
Mais naître pin et debout dans les nues chanter !
Dans les nues, le long des rocs abrupts,
Qui aime le froid se hisse avec le pin !

*-*

CAO BÁ QUÁT (1809 – 1853)

Amertume (Kỷ hạn)

La vie durant, l’appât des honneurs m’a ecnhaîné
Voici que la nostalgie me saisit encore
L’habitude en est prise, hélas
Nous nous sommes compris, qu’y faire ?
La rosée perle sur les fleurs, larmes des jours d’antan
Un cri d’oiseau dans le vent, comme l’appel d’un ami lointain
Les feuilles d’automne tombent sans fin, au rythme de mes pensées
Je ne saurais remplir la ville de mes soupirs.

-

Le Bouddha au bras brisé (Trào triết tý phật)

Le corps de diamant de Bouddha est, paraît-il, indestructible
En voici un qui a le bras bien brisé
Il ne peut se sauver lui-même, comment sauver les autres ?
Les gâteaux qu’on lui offre, c’est le bonze qui se les envoie.
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Marylène
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Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 28 May 2009, 21:15    Post subject: Reply with quote

NGUYỄN TRƯỜNG TỘ (1828 – 1871)

Huit propositions en vue de parer aux dangers imminents (Tế cấp bát điều)
Extrait

Cependant, tout ce que les maîtres enseignent, tout ce que les élèves apprennent aujourd’hui ne sont que des faits passés […] Enfant, on apprend essentiellement la composition littéraire et la poésie alors que jeune homme, on doit surtout appliquer la loi, connaître règlements et institutions. Enfant, on étudie les provinces chinoises de Son Dong, de Son Tay qu’on ne voit pas, jeune homme, on a pour champ d’action le Nam Ky, le Bac Ky dans son pays. Enfant, on étudie l’astronomie, la géographie, la politique et les mœurs de Chine qui ont d’ailleurs tout changé, alors que jeune homme, on est confronté à l’astronomie, à la géographie, à la politique et aux mœurs bien différentes de son pays. Enfant, on apprend les rites, la musique, le savoir-vivre, le combat, la hiérarchie dans l’ancienne Chine, jeune homme, on est concerné par les rites, la musique, les expéditions, les déplacements et toutes les questions qui se posent aux mandarins et au peuple de son pays. Ce ne sont là que quelques faits parmi bien d’autres. Jamais, dans aucun pays, telles choses n’ont été enseignées, c’est vraiment étrange que nous le fassions chez nous ! Notre pays a au-dessus de lu un ciel, c’est-à-dire une astronomie, une terre qui le porte, c’est-à-dire une géographie. Il est aussi un beau pays, qui n’est pas dépendant de la Chine, il a son peuple, sa morale, but de notre travail présent et à venir.
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Marylène
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Joined: 24 Mar 2006
Posts: 162

PostPosted: 01 Jun 2009, 10:06    Post subject: Reply with quote

HỒ CHÍ MINH (1890 – 1969)

(arrêté en août 1942, et prisonnier en Chine)

Carnet de prison (Ngục Trung Nhật Kỳ)

-
La lune (Vọng Nguyệt)

Que faire quand on est en prison, sans alcool, sans fleur
Devant cette nuit délicieuse et par un temps si beau ?
L’homme contemple par la croisée la lune en sa splendeur
La lune regarde le poète à travers les barreaux…

-

Une femme de prisonnier vient voir son mari (Nạn hũu chi thê giam)

Lui, derrière
Les barreaux, elle devant,
Si proches… un empan,
Et si loin… le ciel de la terre.
Ce que bouche doit taire
Les yeux le font glisser.
Avant qu’un mot ne soit prononcé,
Les larmes coulent plein les paupières.
Misère…

-

L’air d’un soir (Vãn Cảnh)


La rose s’ouvre et la rose
Se fane sans savoir ce que rose
Fait. Il suffit qu’un rose parfum
S’égare dans une maison d’arrêt
Pour que hurlent au cœur de l’enfermé
Toutes les injustices du monde.

-

Quelques poèmes de la première résistance
En sampan sur la rivière Day (Đi thuyền trên sông Đáy)


le cours d’eau silencieux
calme si calme comme une feuille de papier
l’étoile guide le sampan qui glisse
le sampan attend la lune qui le suit
aux quatre horizons le paysage désert à l’infini
seul le grincement de la rame de bambou
au cœur d’un homme
un écheveau de mille pensées
et le souci de rendre leur indépendance
aux fleuves et monts du vieux pays
le sampan rentre et ciel est déjà en aurore
l’immensité se teinte aux belles et fraîches nuances de rose
_________________
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